Imagine. Minuit passé. Une voix grave qui te parle dans le combiné. Pas de mensonge, juste cette tension électrique qui monte, qui nous coupe le souffle à tous les deux.
Bon, je me lance : Yolande, quarante balais tout rond, arrivée du Cameroun il y a quinze ans. Je bosse dans l’import-export, rien de glamour. Mais quand je rentre chez moi à Brest, cette ville qui respire l’océan et le sel, j’ai cette soif qui me brûle. Cette envie d’un homme qui sait ce qu’il veut. Un gentleman, oui, mais un gentleman qui ose.
J’aime les préliminaires au téléphone. Ta respiration qui s’accélère. Tes mots qui deviennent plus crus. Cette danse verbale avant qu’on se retrouve face à face, peau moite, regard incandescent. Je veux sentir tes mains explorer mes courbes généreuses, tes doigts qui s’enfoncent, ta bouche qui dévore.
Appelle. Vraiment. Pas pour papoter de la pluie bretonne. Pour que ta voix me fasse frissonner, pour qu’on construise ensemble cette nuit dont on se souviendra longtemps. Brest nous attend, et mes draps aussi.
